Terre de liens rassemble des institutions, des mouvements et des personnes qui s’engagent à unir leurs efforts, leurs expériences, leurs intelligences et leurs moyens pour favoriser l’accès au foncier et au bâti par une démarche collective afin d’y accueillir des projets de territoire écologiques et solidaires, inscrits dans un développement durable.
Terre de liens veut être un moyen d’exercer collectivement la responsabilité de chacun d’entre nous envers la répartition et les usages qui sont faits de notre terre, de nos sols, de nos écosystèmes, de nos paysages, de nos campagnes.
Terre de liens veut être un lieu de dialogue, de concertation et de coopération sur les questions des droits et des devoirs liés à la propriété, d’accès collectif au foncier, de transmission de patrimoine, des relations villes-campagnes ...
Terre de liens est un outil complémentaire de gestion d’un bien commun, la terre, à l’articulation entre la sphère publique et les acteurs privés. Elle s’inscrit dans une mission d’intérêt général conformément aux objectifs de la Charte de l’environnement.
L’engagement des membres de Terre de liens repose sur des constats et des convictions :
Les constats :
Nous constatons qu’aujourd’hui la terre est confisquée par un très petit nombre de personnes pour des usages de plus en plus restreints, accompagnant ainsi la disparition de la diversité des territoires au profit d’une homogénéisation en un espace de plus en plus anonyme et éloigné des besoins et des aspirations de ses habitants. Nos campagnes se vident de leur substance ou se couvrent de pavillons et de zones commerciales polluantes et anonymes.
La spéculation qui entoure le marché foncier et immobilier rend l’accès à la terre et au bâti inaccessible à la majorité des citoyens.
Notre modèle de développement est dans l’impasse parce que la société consomme plus d’énergie, de matière et d’espace que la biosphère n’est capable d’en reproduire. Les sols, comme les autres ressources, s’épuisent et nous constatons que les mesures qui conduiraient à l’économiser, à les régénérer, tardent à s’imposer.
Dans ce contexte, nous constatons l’insuffisance des outils et des régulations actuelles pour enrayer la concentration de la propriété, l’appauvrissement des usages du foncier et la dégradation des écosystèmes
Les convictions :
Nous affirmons que ces évolutions ne sont ni inéluctables ni irréversibles.
Nous croyons que la terre est un bien commun qui ne saurait être géré, distribué uniquement selon les règles de l’économie de marché.
Nous croyons que la terre ne se résume pas à un support des activités humaines, et que le territoire n’est pas seulement le cadre, le décor de nos vies. La terre a partie liée à notre humanité. Elle participe de la possibilité de tisser des solidarités, où se construisent des identités et des appartenances, où se révèlent les interdépendances avec notre environnement. Face à la crise des grands systèmes d’interprétation du monde - églises, syndicats, partis - à partir desquels s’exerçaient les médiation entre les individus et la société le territoire est devenu l’espace essentiel de cette médiation.
Alors que l’exploitation sans limites des ressources naturelles, couplée à la perspective des profits financiers, est l’un des traits majeur notre rapport à l’espace, de la territorialisation de notre société, nous croyons que la modernité réside aujourd’hui dans la qualité des relations que nous saurons construire entre les groupes humains et leur territoire, en termes d’équilibre écologique, de répartition des ressources et des richesses, d’identité, de lien social.
Nous sommes convaincus que chaque droit doit être accompagné d’un devoir, et que le caractère « commun et intergénérationnel » de la terre implique, en réponse aux droits liés au sol et à la propriété, des devoirs à établir et à assumer collectivement.
Nous croyons en l’action collective, à la force du partage et de la mise en commun des moyens et nous pensons que la coopération est un moteur d’action plus fiable que la compétition.
Pour contribuer à relever ces défis et à conduire ces mutations, Terre de Liens privilégie trois modes d’action :
1) Collecter de l’épargne pour des projets de territoire privilégiant l’organisation des savoir-faire à l’utilisation de matière et d’énergie, l’économie des ressources au gaspillage, la coopération à la compétition, la diversité biologique et culturelle à la standardisation des modes de production et des styles de vie, l’implication des citoyens et le partage des responsabilités aux démarches individuelles.
2) Sensibiliser et mobiliser les citoyens, les pouvoirs publics et les acteurs privés pour qu’ils prennent part (morale, politique et financière) à la gestion collective de ce patrimoine commun qu’est la terre.
3) Susciter et animer le dialogue multi partenarial pour la gestion collective du foncier parce que nous sommes convaincus que la capacité à coopérer est une des conditions majeures de la survie et du développement d’une société.