Nous avons fait un choix différent, pour deux raisons indépendantes mais qui se renforcent :
Être propriétaire de fermes agricoles n’a jamais rapporté beaucoup d’argent en dehors de la vente spéculative. Or, la Foncière n’a pas vocation à revendre ses biens. Il ne reste que trois sources régulières de revenus :
les revenus financiers, issus du placement de la trésorerie et de la réserve de 25% du capital. Mais la recherche de placements éthiques limite la « rentabilité » de ces revenus financiers,
les loyers, qui seront probablement intégralement absorbés par les charges de gestion du patrimoine,
les frais de dossier liés à la souscription (3% du capital souscrit) qui sont essentiellement affectés aux frais de communication avec les actionnaires.
La Foncière ne dispose pas structurellement de sources de revenus suffisantes pour assumer financièrement une lourde équipe de salariés. Il faut donc faire autrement.
La plupart des tâches de la Foncière nécessite une bonne connaissance du territoire et de ses acteurs. La veille foncière et le repérage de projets, l’accompagnement des opérations, la recherche d’épargnants solidaires locaux, la gestion du patrimoine, le suivi des lieux acquis... toutes ces missions ne peuvent pas se faire « d’en haut », à partir d’un seul centre de décision. La Foncière a donc fait le choix de baser sa force plutôt sur un tissu dense d’animateurs, de bénévoles et d’actionnaires engagés sur les territoires que sur une lourde équipe de salariés centralisée.
De ce fait, si la Foncière (et le commandité en premier chef) assure la coordination et prend les décisions finales, de nombreuses tâches sont déjà assumées collectivement :
La Foncière Terre de liens s’appuie sur une capacité d’expertise reconnue en matière d’accompagnement de projets ruraux collectifs : Terre de liens et la Foncière sont issus de 10 ans de travail d’expertise des dynamiques rurales françaises liées à la problématique foncière. La mutualisation des savoirs et des pratiques nous a permis de construire au sein du mouvement Terre de liens des compétences précises et pertinentes en la matière.
La Foncière Terre de liens s’ancre dans un important réseau de personnes, d’associations, de collectifs qui sont sa base, ses racines... et son avenir : En deux ans et demi d’existence, et avec peu de moyens au départ, la Foncière a réuni plus de 8 millions d’euros d’épargne. Elle a procédé à 20 acquisitions et instruit une quarantaine de projets. Ceci a été possible grâce à un solide réseau de personnes et d’institutions qui ont porté ou espéré le projet Terre de liens depuis des années, réseau duquel émerge un groupe solide de bénévoles à travers le territoire français.
la Foncière est partenaire de la Nef .
Les préoccupations de la Nef pour l’agriculture bio sont anciennes : les premiers prêts accordés par l’association la Nef il y a 20 ans ont été en soutien à des projets agricoles en bio et biodynamie. Très tôt, elle a fait le constat qu’en complément des outils bancaires destinés aux projets d’agriculture bio, il était nécessaire de construire des outils d’investissement pour le foncier. La Nef s’est donc engagée aux côtés des autres fondateurs du Mouvement Terre de liens jusqu’à prendre la gérance de la Foncière avec l’association Terre de Liens.
Ce long compagnonnage entre la Nef et Terre de liens se concrétise aujourd’hui par la prise en charge de la gestion du capital par cette coopérative de finance solidaire. Ses 20 ans d’expérience d’établissement bancaire alternatif garantissent le professionnalisme et la rigueur de cette gestion. La Nef apporte en outre toute son expertise et ses solutions dans l’ingénierie financière des projets de la Foncière.